Le Serpent qui danse

Que j’aime voir, chère indolente, / De ton corps si beau, / Comme une étoile vacillante, / Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde / Aux âcres parfums, / Mer odorante et vagabonde / Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille / Au vent du matin, / Mon âme rêveuse appareille / Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle / De doux ni d’amer, / Sont deux bijoux froids où se mêle / L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence, / Belle d’abandon, / On dirait un serpent qui danse au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse / Ta tête d’enfant / Se balance avec la mollesse / D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge / Comme un fin vaisseau / Qui roule bord sur bord, et plonge / Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte / Des glaciers grondants, / Quand ta salive exquise monte / Aux bords de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême / Amer et vainqueur, / Un ciel liquide qui parsème / D’étoiles mon cœur !

De la part de Charles Baudelaire pour les amoureux de l’accent circonflexe…

 

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Haïku

Haïku de Ki no Tsurayuki
Haïku de Ki no Tsurayuki

Rêveries sur l’eau

Mouillant mes manches / L’eau que j’ai puisée / Est devenue glace, / Mais du printemps qui débute aujourd’hui / Le vent sans doute la fera fondre.

Les fleurs du prunier / Ne sont pas encore tombées / Mais au fond de l’eau qui court / On voit leur image / Qui se reflète.

Ki no Tsurayuki, Xe siècle.

 

Haïku de Ki no Tsurayuki
Haïku de Ki no Tsurayuki

 

 

 

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