Dérapage

Dernière nuit embuée de février

une Alfa Roméo t’emmène

là où personne ne devine qu’à tes pieds

la route infinie devant toi se prosterne.

 

La radio diffuse des accords un peu ternes

qu’un accordéoniste joue sans larmoyer

pour satisfaire une femme ou deux, reines

en partance vers un paradis approprié.

 

Mais les cœurs s’emballent et l’auto dérape

Tout part en vrille et ça décoiffe

À la porte arrière les dames s’accrochent

 

Et en bon civil, tu y vois l’occasion

enfin d’atterrir au Panthéon

Dans le virage, une suave accélération et la roche.

 

Participation à l’Agenda Ironique du mois d’août hébergé par André, avec les mots imposés : paradis, accordéoniste, suave, Alfa Roméo, février, accord, civil. Mots choisis dans un recueil de poèmes de Marcel Thiry.

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Égoïsme

S’enroule autour de mon vagin arraché

Un anaconda obèse de ta cruauté

Qui patiente dans la fièvre et l’obscurité.

Maligne, je ne fais rien pour l’en empêcher.

 

Ulcère perforant d’une étreinte passionnée

Il juge victime et bourreau à perpétuité.

Les profanes devisaient sur ma captivité

Et la tombée du bonheur, à peine étonnés.

 

Aujourd’hui, tapi en mon ventre qui crépite

Il étrangle toute autre rêverie fortuite

Sous mes airs distanciés, d’un écart amoureux.

 

Sourd depuis toujours aux sensations humaines

Il est là, je le sais, au fond de moi, peureux

Prêt à mordre et à s’étendre en mon domaine.

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