Sève et bronze

Le Pin des Landes

On ne voit en passant par les Landes désertes / Vrai Sahara français poudré de sable blanc / Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes / D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Car pour lui dérober ses larmes de résine, / L’homme avare bourreau de la création, / Qui ne vit qu’aux dépens de ceux qu’il assassine, / Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte, / Le pin verse sa larme et sa sève qui bout, / Et se tient toujours droit sur le bord de la route, / Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde; / Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor./ Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde / Pour épancher ses vers, divines larmes d’or !

Poème de Théophile Gautier (1811 – 1872)

 

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